jeudi 27 juin 2019

DE TWILLINGATE À CHANNEL PORT AUX BASQUES

Jour 30
23 juin 2019

Dodo autonome : Au parc entre King’s Point et Rattling Brook, au pied du sentier qui mène à la chute
Km de la journée : 290 km
Total : 6683 km

Nous quittons Twillingate satisfaits de l’excursion de la veille, et après avoir mis le blog en ligne et fait le plein d’eau, nous nous dirigeons vers King’s Point où des Icebergs ont été rapportés sur Iceberg finder.

Effectivement, arrivés à King’s Point, nous apercevons deux Icebergs, un petit sans intérêt et un plus gros qui s’est prêté volontiers aux caprices du photographe.

L'Iceberg de King's Point

En parlant avec un « local » qui arrivait en bateau après avoir fait le tour de l’Iceberg photogénique, j’apprends qu’il y en a un autre nettement plus gros à l’entrée de la baie. D’ailleurs, il me dit que celui qui est en face de nous est un « bébé » par rapport à celui qui est à l’entrée de la baie. Il n’en fallait pas plus pour me mettre l’eau à la bouche.

Il m’indique également le nom d’un opérateur qui pourrait m’y amener. Il s’est d’ailleurs excusé plusieurs fois de ne pouvoir m’y amener parce qu’il n’avait pas les assurances nécessaires. Je pars donc à la recherche de cet opérateur, le trouve et prends les informations pertinentes pour la suite des choses. Puisque je suis le seul client à vouloir aller aussi loin (18 km), le prix ainsi que la qualité de la lumière sont des éléments à considérer d’autant plus qu’on annonce de la pluie pour demain. C’est  à suivre.

Nous nous installons dans le parc au pied de la chute, en face du Iceberg que nous avons vu en arrivant. Nous constatons alors qu’avec la marée, cet Iceberg se déplace vers le large. Reviendra-t-il avec la prochaine marée ?

Vu de notre campement

La chute de Rattling Brook

Qui se jette dans la baie


Notre campement à Rattling Brook

Après le souper, petite marche dans les environs et quelques photos souvenirs…

Une installation de pêche rudimentaire


Jour 31
24 juin 2019

Dodo autonome : Parc du Boutte, au Cap St. Georges
Km de la journée : 376 km
Total : 7059 km

J’écris cette avant-dernière chronique à partir de Terre-Neuve assis à une table de pique-nique au Parc du Boutte à Cap St. Georges. Il fait soleil, le vent est tombé et je suis très bien dehors. Il faut bien s’apprêter à quitter Terre-Neuve pour avoir droit à cela.

Nous sommes installés dans un endroit idyllique, sans doute mon plus bel endroit de camping autonome du voyage. Seuls au monde, près de la mer avec le bruit des vagues en fond de train ainsi que celui de la colonie de mouettes tridactyles pas loin.

Notre installation au Parc du Boutte

Vue à partir du début du sentier
Mais commençons par le début.

Comme à l’habitude, la journée a commencé sous la pluie. Mais notre idée était déjà faite. Aussi, à 9h12 très exactement il a été décrété à l’unanimité que la saison de la chasse aux Icebergs était officiellement terminée. D’ailleurs, l’Iceberg qui était face à notre installation hier soir a disparu, emporté vers le large…. Ainsi va la vie des Icebergs !

Nous décidons, pour la première fois du voyage, de prendre notre déjeuner au restaurant. Petit problème, nous n’en avons trouvé aucun qui ouvrait avant 10h……. Bizarre !

Nous avons donc amorcé le trajet vers le traversier que nous prendrons mercredi le 26 juin pour essayer de trouver un peu plus de soleil et de chaleur. Mais, dernière demande de Jacques : passer par le Parc du Boutte à Cap St. Georges. Aussitôt acceptée avec grâce par Michèle.

En cours de route, nous avons vu un autre orignal qui broutait sur le bord de la transcanadienne. On ne les compte plus : cinquième, sixième, septième ? Évidemment pas question de s’arrêter pour les photographier. Trop dangereux. Mais Michèle réussit quand même à le photographier.

La péninsule de Port au Port où est situé le Parc du Boutte est l’endroit où l’on retrouve le plus de francophones à Terre-Neuve, héritage de la déportation des Acadiens. On y trouve également un deuxième four à pain ancestral ainsi qu’un « terrain de camping » gratuit, si on peut appeler cela un terrain de camping compte tenu de l’inexistence de services.  Mais, la vue est à couper le souffle.

Un coucher de soleil dans une lumière très spéciale



Jour 32
25 juin 2019

Dodo autonome : Au stationnement de la plage à Channel Port-aux-Basques
Km de la journée : 258 km
Total : 7317 km

Ce matin, réveil avec un beau soleil, peu de vent et pas froid…. Comme si Terre-Neuve nous disait : « Ben voyons donc, ne partez pas si vite ! ». Trop tard… il aurait fallu envoyer le message plus vite !

Une belle rencontre ce matin ave M. Cormier, un directeur d’école d’ici à la retraite, ancien enseignant. Il m’explique qu’il reste environ 700 à 800 personnes francophones dans la région du Cap St. Georges. Il y a également deux écoles francophones, une à Cap St. Georges et une autre à Mainland ou « La Grande Terre » en français.

Comme il me l’expliquait, ici on apprend le français, mais on attrape l’anglais. Le processus d’anglicisation s’explique par le fait que les curés étaient Irlandais et ne parlaient pas français, tout en détenant une grande influence sur la population. Il y a aussi, qu’en 1942, les Américains ont installé une base militaire à Stephenville, tout près. Et quand les Américains arrivent, ils installent leur culture… Et le troisième facteur d’anglicisation a été l’arrivée de la télévision américaine (avec la base militaire) qui s’est imposée dans les foyers.

Belle rencontre, très instructive.

Je profite ensuite de la belle journée pour aller faire en partie le sentier qui relie le Cap St. Georges à la Grande Terre. Superbe sentier qui longe la mer et se promène dans les collines. Il mène à une colonie de mouettes tridactyles et de guillemots à miroir. Belle randonnée avec des paysages à couper le souffle.


Le départ du sentier

Belles falaises

La colonie de mouettes tridactyles

Au loin l'île où les Français venaient s'installer pour la pêche d'été

Pendant ce temps, Michèle repère des baleines à partir du Safari. À mon retour, je repère des dauphins qui se nourrissent de capelans et j’observe des Fous de Bassan plonger à la recherche eux aussi de nourriture.

Après le dîner, c’est le départ de cet endroit idyllique pour Channel-Port-aux-Basques pour notre dernière étape à Terre-Neuve. Nous nous installons au stationnement de la plage, ce qui me permet de faire un dernier sentier qui contourne la pointe de cette petite péninsule. J’y croise des élèves du secondaire qui, tout heureux d’avoir fini l’école font un feu de grève et y brûlent leurs notes de cours et j’assiste, une fois de plus à un superbe coucher de soleil.

Channel Port aux Basques vu de la plage

Le sentier qui contourne la pointe

Une petite plage privée avec ça ?

Le long du sentier


La plage


Jour 33
26 juin 2019

Dodo autonome : La plage d'Indian Beach à près du traversier
Km de la journée : 9 km
Total : 7326 km

Nous quittons Terre-Neuve ce matin avec un petit pincement au cœur mais néanmoins très satisfaits d’avoir atteint nos objectifs.

J’ai en banque une multitude de photos d’Icebergs.

Nous avons fait une foule de belles rencontres avec des Terre-Neuviens.

Nous avons en tête des paysages grandioses.

Nous avons vu une faune diversifiée et, pour la première fois, j’ai pu photographier des caribous d’assez près.

Enfin, nous comprenons un peu mieux cette province très particulière.

Nous quittons sur le Blue Puttees, un traversier qui tient son nom d’un régiment de soldats Terre-Neuviens qui sont allés faire la guerre  14-18 en France et en Belgique et qui ont été baptisés les Blue Potties en raison des bandes molletières bleues qui faisaient partie de leur uniforme.


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